Fiscalité et notaire : le viager en Suisse, en clair
Ce qu’un vendeur genevois paie réellement, avec les articles de loi, et la règle qui surprend tout le monde sur les droits d’enregistrement.
Cette page donne les règles fiscales genevoises qui s’appliquent à une vente de nue-propriété avec réserve d’usufruit, avec l’article de loi en regard de chaque affirmation. Nous ne publions que ce que nous pouvons prouver. Là où la règle n’est pas claire, nous l’écrivons plutôt que de combler le vide.
Votre situation personnelle, elle, se vérifie avec votre fiduciaire et avec votre notaire. Personne ne devrait signer un acte pareil sur la foi d’une page internet, y compris celle-ci.
L’IBGI à Genève : de 50 % à 2 %, jamais 0 %
L’impôt sur les bénéfices et gains immobiliers frappe la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition, corrigé des impenses. Son taux dépend de la durée de possession.
| Durée de possession | Taux |
|---|---|
| Moins de deux ans | 50 % |
| Paliers intermédiaires, selon la durée de possession | 40 %, puis 30 %, 20 %, 15 % |
| De dix à vingt-cinq ans | 10 % |
| Vingt-cinq ans et plus | 2 % |
La dernière ligne est celle que beaucoup de sites commerciaux annoncent à 0 % : c’est faux, et l’erreur peut coûter plusieurs milliers de francs à qui la croit.
Source : LCP art. 84 al. 1 (canton de Genève)
Le remploi (LCP art. 85) ne rembourse que le bénéfice effectivement réinvesti dans un autre logement. Dans notre modèle, vous restez chez vous : en règle générale, il ne s’applique pas. Nous ne vous le promettrons jamais.
Sources:LCP art. 84 al. 1 · LCP art. 85 (remploi)Page mise à jour le 2026-09-22
Droits d’enregistrement 3 % — et la règle qui surprend tout le monde
Les actes translatifs à titre onéreux de la propriété, de la nue-propriété ou de l’usufruit d’un immeuble genevois sont soumis à un droit de 3 % (LDE art. 33 al. 1).
Voici la règle que presque personne ne connaît : en cas de transfert avec réserve d’usufruit au profit du vendeur, l’impôt se calcule sans déduire la valeur de l’usufruit, donc sur la valeur vénale entière (LDE art. 35 al. 3).
| Élément | Montant |
|---|---|
| Valeur vénale du bien | CHF 1’500’000 |
| Prix payé pour la nue-propriété | CHF 900’000 |
| Droits d’enregistrement réellement dus (3 % de la valeur vénale) | CHF 45’000 |
| Ce que beaucoup calculent à tort (3 % du prix payé) | CHF 27’000 |
Qui supporte ces droits est affaire de convention et doit figurer dans l’acte. Demandez-le par écrit avant de signer.
Source : LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3 (canton de Genève)
Méfiez-vous de tout interlocuteur qui reste vague sur ce point : l’écart se compte en dizaines de milliers de francs, et il se découvre chez le notaire si personne ne l’a dit avant.
Base légale :LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3
L’impôt immobilier complémentaire, que vous continuez à payer
Il est dû par la personne inscrite au registre foncier comme propriétaire ou usufruitier au 31 décembre. Le taux est de 1 ‰, réduit à 0,2 ‰ pour la résidence principale d’une personne physique (LCP art. 76). Après la vente, vous êtes usufruitier : cet impôt reste donc à votre charge.
Base légale :LCP art. 76
Impôt sur la fortune : vous restez imposé sur la valeur entière
À Genève, la fortune grevée d’usufruit est imposable chez l’usufruitier (LIPP art. 48). Vous n’êtes plus propriétaire, mais le bien continue de figurer dans votre fortune imposable.
Deux conséquences, qu’il faut examiner avec votre fiduciaire :
- le capital reçu s’ajoute à votre fortune imposable, alors que la valeur du bien n’en sort pas ;
- si l’hypothèque est reprise par l’acheteur, vous perdez la déduction de la dette : votre impôt sur la fortune peut donc augmenter, parfois sensiblement.
Ce n’est pas un détail technique : c’est l’une des raisons pour lesquelles nous demandons systématiquement qu’un fiduciaire regarde le dossier avant la signature.
Base légale :LIPP art. 48
Valeur locative : ce qui est voté et ce qui n’est pas encore en vigueur
Une réforme fédérale touchant la valeur locative a été acceptée en votation. Elle n’est pas en vigueur. Tant qu’elle ne l’est pas, le droit applicable reste le droit actuel, et personne — nous compris — ne doit vous présenter sa suppression comme un droit acquis.
Le rôle du notaire — et pourquoi c’est vous qui le choisissez
À Genève, l’acte de vente immobilière doit être passé en la forme authentique : le notaire n’est pas une formalité, c’est la condition de validité (CO art. 216 al. 1 ; CC art. 657 al. 1).
Le notaire, c’est vous qui le choisissez. Toujours. Si vous n’en avez pas, prenez-en un dans votre commune, ou demandez-en un à la Chambre des notaires. Nous n’avons aucun notaire « maison » et nous n’en aurons jamais : ce serait exactement le signal qui doit faire fuir un vendeur.
Le notaire vérifie le registre foncier, l’état des charges, l’hypothèque, la capacité des parties, et il vous explique chaque clause avant la signature. Posez-lui toutes vos questions : c’est son métier et c’est compris dans ses honoraires.
Base légale :CO art. 216 al. 1 ; CC art. 657 al. 1
Les documents à préparer
- L’extrait du registre foncier de votre bien.
- Le dernier décompte d’hypothèque, s’il y en a une.
- Pour un appartement en PPE : le règlement d’administration et les derniers décomptes de charges.
- La dernière taxation fiscale, utile pour estimer l’impôt sur les bénéfices immobiliers.
- Le plan et la surface, s’ils existent.
Questions fréquentes
Quels impôts dois-je payer en vendant ? Afficher la réponse Masquer la réponse
À Genève, l’impôt sur les bénéfices et gains immobiliers est dû le jour de la signature. Son taux dépend de la durée de possession : de 50 % au-dessous de deux ans à 2 % à partir de vingt-cinq ans (LCP art. 84 al. 1). Il n’est jamais nul, contrairement à ce qu’écrivent beaucoup de sites. S’y ajoutent les droits d’enregistrement de 3 % (LDE art. 33 al. 1) et les honoraires du notaire.
Est-il vrai qu’après vingt-cinq ans on ne paie plus d’impôt sur le gain immobilier à Genève ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non, c’est faux, et cette erreur circule beaucoup. Le taux tombe à 2 % à partir de vingt-cinq ans de possession (LCP art. 84 al. 1), il ne tombe pas à zéro. Faites calculer le montant exact par votre fiduciaire avant de signer.
Les droits d’enregistrement se calculent-ils sur le prix que je reçois ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non, et c’est la règle qui surprend tout le monde. Lorsque le vendeur se réserve l’usufruit, le droit de 3 % se calcule sans déduire la valeur de l’usufruit, donc sur la valeur vénale entière (LDE art. 35 al. 3). Pour un bien de CHF 1’500’000 dont la nue-propriété est acquise pour CHF 900’000, les droits sont de CHF 45’000, et non de CHF 27’000. Qui les supporte doit être écrit dans l’acte.
Vais-je continuer à payer l’impôt sur la fortune ? Afficher la réponse Masquer la réponse
À Genève, oui : la fortune grevée d’usufruit est imposable chez l’usufruitier (LIPP art. 48). Le bien reste donc dans votre fortune imposable alors que vous n’en êtes plus propriétaire. Et si l’hypothèque est reprise par l’acheteur, vous perdez la déduction de la dette : votre impôt peut augmenter. Faites-le chiffrer par votre fiduciaire avant de signer.
Qui choisit le notaire ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Vous, toujours. Nous n’avons aucun notaire « maison » et nous n’en aurons jamais. Si un acheteur insiste pour imposer le sien, arrêtez tout : c’est l’un des signaux d’alerte les plus fiables. En Suisse, l’acte de vente immobilière doit être authentique (CO art. 216 al. 1) ; le notaire est votre protection, pas une formalité.
Les termes techniques — IBGI, droits d’enregistrement, valeur vénale, PPE — sont expliqués en deux lignes dans le glossaire.
Avant de décider
Faites chiffrer l’ensemble par votre fiduciaire : c’est une dépense de quelques centaines de francs qui peut changer la décision. Et lisez la page qui dit ce que cette opération vous coûte, y compris quand cela nous dessert.
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Nous appeler
Une question fiscale précise ? Posez-la au téléphone, ou par écrit à info@viager-geneve.ch. Si nous ne savons pas, nous vous le dirons.
C’est l’une des personnes de la page « Qui sommes-nous » qui répond, pas un standard.
Du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h00.
Vous préférez écrire ? info@viager-geneve.ch
Sources:LCP art. 76, art. 84 al. 1, art. 85 (canton de Genève) · LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3 (canton de Genève) · LIPP art. 48 (canton de Genève) · CO art. 216 al. 1 ; CC art. 657 al. 1Page mise à jour le 2026-09-22
Page à jour au 22 septembre 2026, pour le canton de Genève. Elle ne remplace ni un conseil fiscal, ni l’avis du notaire qui instrumente votre acte. Deux points restent volontairement sans chiffre — la valeur locative de l’usufruitier et l’IBGI sur la seule nue-propriété — tant que l’administration fiscale cantonale ne nous a pas répondu par écrit ; ils seront publiés avec leur source le jour où elle l’aura fait.