Viager en Suisse : vos questions, nos réponses
Trente questions sur le viager en Suisse, y compris celles qui dérangent : l’EMS, les héritiers, ce que nous gagnons, et « le viager, est-ce une arnaque ? ».
Nous avons repris ici les questions qu’on nous pose réellement au téléphone, y compris celles auxquelles il est désagréable de répondre. Une page de questions fréquentes qui évite les sujets pénibles ne sert à rien.
Les réponses sont courtes, avec l’article de loi quand il y en a un. Si votre question n’y figure pas, appelez-nous au +41 22 000 00 00 : nous vous répondrons, ou nous vous dirons que nous ne savons pas.
Sécurité et garanties du viager
Puis-je vraiment rester chez moi jusqu’à la fin de ma vie ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Oui. Votre usufruit est inscrit au registre foncier par le notaire, le jour de l’acte. C’est un droit réel : il vaut contre tout le monde, y compris contre un futur propriétaire si le bien est revendu, et contre les créanciers de l’acheteur (CC art. 746 al. 1). Il ne s’éteint qu’à votre décès (CC art. 749 al. 1). Personne ne peut vous faire quitter votre logement.
Que se passe-t-il si vous revendez mon bien à quelqu’un d’autre ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Rien ne change pour vous. L’acheteur suivant achèterait un bien grevé de votre usufruit, et il le saurait, puisque c’est inscrit sur le feuillet du registre foncier. Votre droit lui est opposable exactement comme il nous est opposable (CC art. 746 al. 1).
Et si votre société fait faillite ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Votre usufruit reste inscrit et reste opposable, y compris aux créanciers (CC art. 746 al. 1). Le bien pourrait changer de propriétaire, mais il changerait de propriétaire avec votre droit dessus. Vous ne dépendez pas de notre solidité, parce que nous vous avons tout payé le jour de l’acte.
Comment savoir que ce n’est pas une arnaque ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Ne nous croyez pas sur parole : vérifiez. Notre numéro IDE CHE-000.000.000 est consultable sur zefix.ch, le registre officiel des entreprises suisses. Notre adresse Rue du Rhône 00, 1204 Genève est une adresse réelle, avec une porte et des horaires. Et le notaire, que vous choisissez, contrôle l’acte. Nous ne demandons jamais de coordonnées bancaires, de pièce d’identité, d’acompte ni de signature le jour même.
Allez-vous me téléphoner sans arrêt ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non. Nous vous rappelons une seule fois, dans la plage horaire que vous avez choisie. Nous n’envoyons aucune lettre d’information et aucune relance automatique. Vous pouvez nous demander d’effacer vos données à tout moment : nous le faisons sous cinq jours ouvrables et nous vous le confirmons par écrit.
Vos héritiers et votre succession
Dois-je demander l’accord de mes enfants ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non. Tant que vous êtes capable de discernement, vous disposez librement de vos biens de votre vivant, et l’accord de vos enfants n’est pas requis. Cela dit, presque tous nos clients préfèrent leur en parler, et nous avons écrit une page entière faite pour être lue à deux.
Mes enfants peuvent-ils contester la vente après mon décès ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Ils peuvent agir en réduction s’ils estiment que leur réserve a été entamée (CC art. 522 al. 1). Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, cette réserve est de la moitié de leur part successorale (CC art. 471). Les aliénations faites dans l’intention manifeste d’éluder la réserve sont même réductibles sans limite de temps (CC art. 527 ch. 4). C’est une raison de plus pour que le prix soit correct, documenté et vérifiable par un notaire indépendant.
Que restera-t-il à mes héritiers ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Le bien sort de votre succession : ils ne le recevront pas. Ce qui le remplace est le capital encaissé le jour de l’acte, plus faible que la valeur du bien puisqu’on en a retiré la valeur du droit d’habiter que vous gardez. Si vous dépensez ce capital, ce qui est votre droit, il n’en restera rien de ce côté non plus. Nous remettons le calcul par écrit pour que la famille puisse le vérifier.
Puis-je vendre la nue-propriété à mes propres enfants plutôt qu’à vous ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Oui, et dans certaines familles c’est la meilleure solution. La construction juridique est la même : vente devant notaire avec réserve d’usufruit, inscrite au registre foncier. Parlez-en à votre notaire, qui examinera les conséquences fiscales et successorales. Nous ne chercherons pas à vous en dissuader : si le bon acheteur est dans votre famille, ce n’est pas nous.
Impôts et charges d’un viager occupé
Quels impôts dois-je payer en vendant ? Afficher la réponse Masquer la réponse
À Genève, l’impôt sur les bénéfices et gains immobiliers est dû le jour de la signature. Son taux dépend de la durée de possession : de 50% au-dessous de deux ans à 2% à partir de vingt-cinq ans (LCP art. 84 al. 1). Il n’est jamais nul, contrairement à ce qu’écrivent beaucoup de sites. S’y ajoutent les droits d’enregistrement de 3% (LDE art. 33 al. 1) et les honoraires du notaire.
Est-il vrai qu’après vingt-cinq ans on ne paie plus d’impôt sur le gain immobilier à Genève ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non, c’est faux, et cette erreur circule beaucoup. Le taux tombe à 2% à partir de vingt-cinq ans de possession (LCP art. 84 al. 1), il ne tombe pas à zéro. Faites calculer le montant exact par votre fiduciaire avant de signer.
Les droits d’enregistrement se calculent-ils sur le prix que je reçois ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non, et c’est la règle qui surprend tout le monde. Lorsque le vendeur se réserve l’usufruit, le droit de 3% se calcule sans déduire la valeur de l’usufruit, donc sur la valeur vénale entière (LDE art. 35 al. 3). Pour un bien de CHF 1’500’000 dont la nue-propriété est acquise pour CHF 900’000, les droits sont de CHF 45’000, et non de CHF 27’000. Qui les supporte doit être écrit dans l’acte.
Vais-je continuer à payer l’impôt sur la fortune ? Afficher la réponse Masquer la réponse
À Genève, oui : la fortune grevée d’usufruit est imposable chez l’usufruitier (LIPP art. 48). Le bien reste donc dans votre fortune imposable alors que vous n’en êtes plus propriétaire. Et si l’hypothèque est reprise par l’acheteur, vous perdez la déduction de la dette : votre impôt peut augmenter. Faites-le chiffrer par votre fiduciaire avant de signer.
Est-ce que cela touche mes prestations complémentaires ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Oui, et c’est le risque numéro un de cette opération. Il y a dessaisissement de fortune si la contre-prestation vaut moins de 90% de la valeur vénale (OPC art. 17b let. a), et le montant n’est ensuite réduit que de CHF 10’000 par an (OPC art. 17e al. 1). Le capital reçu entre dans votre fortune et la valeur annuelle de l’usufruit est un revenu déterminant (LPC art. 11 al. 1 let. b et c). Enfin, la franchise sur l’immeuble habité n’est accordée qu’au propriétaire : en devenant usufruitier, vous la perdez. Demandez une simulation écrite à votre caisse de compensation avant toute décision.
Travaux, entretien, assurance
Qui paie les gros travaux, la toiture, la façade ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Nous. Les travaux importants de conservation sont à la charge du nu-propriétaire (CC art. 765 al. 3, renvoyant à CC art. 764 al. 2 et 3). C’est souvent ce qui pèse le plus lourd dans les dépenses d’un propriétaire de plus de septante ans, et cela cesse d’être votre affaire.
Qui paie l’entretien courant, les impôts et les intérêts de l’hypothèque ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Vous, l’usufruitier : l’entretien courant, l’administration du bien, les intérêts des dettes qui grèvent le fonds, les impôts et les taxes (CC art. 765 al. 1). Ces règles sont dispositives : elles doivent être écrites dans l’acte, poste par poste, charges de PPE comprises.
Et l’assurance du bâtiment ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Les primes sont à votre charge, et l’assurance est conclue au profit du propriétaire (CC art. 767). Votre notaire vérifie que la police existe et qu’elle est correctement libellée au moment de l’acte.
Puis-je faire des travaux chez moi après la vente ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Les aménagements intérieurs restent les vôtres, dans les limites fixées à l’acte : vous n’avez pas à nous demander la permission pour repeindre ou changer une cuisine. Pour une transformation qui touche la structure du bâtiment, il faut notre accord, comme pour tout propriétaire d’immeuble. Faites préciser cette limite dans l’acte : elle évite toute discussion plus tard.
Santé, EMS et déménagement
Et si je dois entrer en EMS ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Avec un usufruit, votre droit subsiste : vous pouvez louer le logement et affecter le loyer au coût du séjour (CC art. 758), sauf clause contraire de l’acte. Avec un droit d’habitation, le droit s’éteint de plein droit lors d’un placement définitif (Chambre des notaires de Genève, 25 octobre 2021). C’est la raison principale pour laquelle nous recommandons l’usufruit — alors même que l’autre solution nous coûterait moins cher.
Puis-je louer mon logement si je pars vivre ailleurs ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Avec un usufruit, oui en principe : l’art. 758 CC permet de céder l’exercice du droit à un tiers. Deux réserves : le droit ne doit pas avoir été constitué à titre strictement personnel, et l’acte ne doit pas l’exclure. Vérifiez cette clause avec votre notaire avant de signer. Avec un droit d’habitation, la réponse est non : il est incessible (CC art. 776 al. 2).
Me poserez-vous des questions sur ma santé ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Jamais. Ni dans le formulaire, ni dans le calculateur, ni au téléphone, ni au rendez-vous, ni avant l’acte. Le calcul ne dépend que de l’âge, et la loi sur la protection des données interdit de collecter ces informations pour ce type d’opération. Si quelqu’un vous pose ce genre de questions, chez nous ou ailleurs, arrêtez la conversation.
Que se passe-t-il pour mon conjoint si je décède le premier ? Afficher la réponse Masquer la réponse
L’acte peut réserver l’usufruit aux deux, jusqu’au décès du dernier des deux. Le survivant n’a alors aucune démarche à faire : son droit était inscrit au registre foncier depuis le premier jour. C’est un droit plus long, donc plus coûteux, et la nue-propriété que nous payons est plus basse. Cette clause est la plus importante de l’acte pour un couple : faites-la relire par votre notaire.
Vendre en viager : âge, état civil et conditions
À partir de quel âge cela a-t-il du sens ? Afficher la réponse Masquer la réponse
En pratique, à partir de 68 ans environ. En dessous, la part qui vous reviendrait est faible et la décision est définitive : nous vous le disons avant même de vous montrer un chiffre. Les tables suisses que nous utilisons commencent à 60 ans et s’arrêtent à 100 ans ; au-delà, nous ne calculons pas par extrapolation, nous en parlons au téléphone.
Est-ce plus intéressant si je suis âgé ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Oui, mécaniquement. Plus l’usufruit que vous gardez est court, moins il vaut cher, et plus la nue-propriété vaut. Ce n’est pas un tarif et ce n’est pas une négociation : c’est le résultat des tables suisses de capitalisation appliquées à votre âge. Nous publions la méthode entière, et votre notaire peut refaire le calcul ligne par ligne.
Quels biens achetez-vous ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Des appartements et des maisons habités par leur propriétaire, dans le canton de Genève et dans le canton de Vaud : Genève et ses communes, Carouge, Chêne-Bougeries, Cologny, Versoix, Meyrin, Lancy, Vernier, Onex, Nyon, Lausanne, Morges, Vevey et Montreux. Si votre commune n’y figure pas, appelez-nous quand même.
Faut-il que le bien soit libre d’hypothèque ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non. Une hypothèque existante se rembourse ou se reprend au moment de l’acte, et le notaire s’en occupe. En revanche, si son solde approche la valeur de la nue-propriété, le montage perd son intérêt : nous vous le dirons franchement plutôt que de vous faire venir pour rien.
Le viager chez le notaire : acte et registre foncier
Qui choisit le notaire ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Vous, toujours. Nous n’avons aucun notaire « maison » et nous n’en aurons jamais. Si un acheteur insiste pour imposer le sien, arrêtez tout : c’est l’un des signaux d’alerte les plus fiables. En Suisse, l’acte de vente immobilière doit être authentique (CO art. 216 al. 1) ; le notaire est votre protection, pas une formalité.
Combien de temps prend l’opération ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Comptez 48 heures ouvrables pour l’estimation écrite, puis le temps que vous voudrez : notre offre reste valable et inchangée trente jours, et beaucoup de nos clients réfléchissent six mois, parfois un an. Une fois la décision prise, la préparation de l’acte par le notaire prend généralement quelques semaines, selon les pièces à réunir.
Puis-je changer d’avis après avoir signé ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Non, et il faut le savoir avant. Il n’existe en Suisse aucun droit de révocation sur la vente d’un immeuble : l’art. 40a du Code des obligations ne couvre que les choses mobilières et les services. C’est précisément pour cela que notre offre reste valable trente jours et que nous ne faisons jamais signer le jour même. Ce délai est un engagement de notre part, pas un droit que la loi vous donne.
Combien gagnez-vous sur mon dossier ? Afficher la réponse Masquer la réponse
Aucune commission de votre part et aucun loyer : l’usage du bien est à vous. Notre gain éventuel est la différence entre ce que le bien vaudra le jour où l’usufruit s’éteindra et ce que nous aurons payé, moins les impôts, les frais d’acte et les gros travaux de conservation qui sont à notre charge. Si vous vivez plus longtemps que ne le disent les tables, nous gagnons moins et nous pouvons perdre. Notre intérêt est que vous restiez chez vous, longtemps et en bonne santé.
Votre question sur le viager n’y est pas ?
Appelez-nous au +41 22 000 00 00, du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h00. Si nous ne savons pas, nous vous le dirons, et nous chercherons.
Sources:CC art. 745 ss, 746, 749, 758, 763 à 767, 776, 471, 522, 527 ch. 4, 416 al. 1 ch. 4 · CO art. 216 al. 1 et art. 40a · LCP art. 84 al. 1 · LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3 · LIPP art. 48 · LPC art. 11 · OPC art. 17b let. a et art. 17e al. 1Page mise à jour le 22.09.2026
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