Les risques et les coûts d’une vente en viager : ce que nous vous disons avant de signer

Cette page dit ce que cette opération vous coûte, y compris quand cela nous dessert. Lisez-la avant de nous appeler, pas après.

Nous vendons une opération qui a de vrais inconvénients. Les taire serait déloyal au sens de la loi contre la concurrence déloyale, et surtout ce serait stupide : vous les découvririez chez le notaire, et vous auriez raison de partir.

Voici donc, dans l’ordre d’importance, ce que vous risquez et ce que vous payez. Chaque affirmation porte son article de loi. Imprimez cette page et montrez-la à votre notaire : c’est exactement ce à quoi elle sert.

Risque 1

C’est irréversible : votre bien ne fera plus partie de votre succession

Une fois l’acte signé et l’inscription faite au registre foncier, on ne revient pas en arrière.

Il n’existe en Suisse aucun droit de révocation sur la vente d’un immeuble. L’art. 40a du Code des obligations, celui des quatorze jours, ne couvre que les choses mobilières et les services. Il ne s’applique pas ici. De plus, il ne s’appliquerait de toute façon pas lorsque c’est le client qui a pris l’initiative des pourparlers — ce qui est le cas si vous nous avez appelés.

Conséquence directe : votre bien ne fera plus partie de votre succession. Vos héritiers ne le recevront pas. Ils recevront ce qui restera du capital que vous aurez encaissé.

Base légale :CO art. 40a al. 1 ; CO art. 40c let. a

Risque 2

Vos prestations complémentaires peuvent diminuer, même à un prix correct

Cinq mécanismes se cumulent, et un sixième élargit la période de contrôle. Chacun est indépendant des autres : ils ne se compensent pas, ils s’additionnent.

Les six mécanismes qui jouent sur vos prestations complémentaires après une vente de la nue-propriété
Le mécanisme Ce qu’il produit Base légale
Le seuil des 90 % Il y a dessaisissement de fortune si la contre-prestation reçue vaut moins de 90 % de la valeur de la prestation fournie. Pour un immeuble, la valeur déterminante est la valeur vénale. OPC art. 17b let. a ; OPC art. 17a al. 5
Le rattrapage Le montant dont on est réputé s’être dessaisi n’est réduit que de CHF 10’000 par an, et il est d’abord reporté tel quel au 1ᵉʳ janvier de l’année suivante avant d’être réduit. OPC art. 17e al. 1 et al. 2
Le capital reçu devient de la fortune Pour un bénéficiaire de rente de vieillesse, un dixième de la fortune dépassant les franchises — CHF 30’000 seul, CHF 50’000 en couple — est compté chaque année comme revenu déterminant. LPC art. 11 al. 1 let. c
L’usufruit lui-même est un revenu La valeur annuelle d’un usufruit ou d’un droit d’habitation est un revenu déterminant. LPC art. 11 al. 1 let. b
La franchise du propriétaire est perdue La franchise sur l’immeuble que l’on habite — CHF 112’500, CHF 300’000 dans certaines situations — n’est accordée qu’au propriétaire. Après la vente, vous êtes usufruitier : vous la perdez. LPC art. 11 al. 1 let. c 2ᵉ phrase ; OPC art. 17 al. 3
Le contrôle remonte loin Pour un bénéficiaire de rente de vieillesse AVS, la période d’examen couvre aussi les dix années précédant la naissance du droit à la rente. Et pour le dessaisissement de l’art. 11a al. 2, il n’existe aucun délai de prescription. LPC art. 11a al. 4

Source : OPC art. 17, 17a al. 5, 17b let. a, 17e ; LPC art. 11 al. 1 let. b et c, art. 11a al. 4

Ce que nous en concluons, et que nous assumons : cette opération dégrade presque toujours votre position en matière de prestations complémentaires, même à un prix parfaitement correct.

Ce qu’il faut faire, et le faire avant de signer

Demandez une simulation écrite à votre caisse de compensation cantonale. C’est gratuit, c’est leur métier, et leur réponse vaut mieux que la nôtre. Si vous le souhaitez, nous préparons la demande avec vous. Si la réponse est défavorable, nous vous conseillerons de ne pas vendre.

Sources:OPC art. 17 al. 3, art. 17a al. 5, art. 17b let. a, art. 17d al. 3 let. b ch. 1, art. 17e · LPC art. 11 al. 1 let. b et c, art. 11a al. 4Page mise à jour le 2026-09-22

Risque 3

L’impôt sur les bénéfices immobiliers est dû le jour de la signature

Il n’est pas différé, il n’est pas étalé, et il n’est jamais nul.

À Genève, le taux dépend de la durée de possession : 50 % au-dessous de deux ans, puis 40 %, 30 %, 20 %, 15 %, 10 % entre dix et vingt-cinq ans, et 2 % à partir de vingt-cinq ans (LCP art. 84 al. 1). Beaucoup de sites commerciaux écrivent « 0 % après 25 ans ». C’est faux.

Le remploi (LCP art. 85) ne rembourse que le bénéfice effectivement réinvesti dans un autre logement. Dans notre modèle, vous restez chez vous : en règle générale, il ne s’applique pas. Ne laissez personne vous le promettre, nous compris.

Les droits d’enregistrement, et la règle qui surprend

Quand le vendeur se réserve l’usufruit, le droit de 3 % se calcule sur la valeur vénale entière, sans déduire l’usufruit (LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3).

L’exemple de la loi genevoise : droits d’enregistrement avec réserve d’usufruit
Élément Montant
Valeur vénale du bien CHF 1’500’000
Prix payé pour la nue-propriété CHF 900’000
Droits d’enregistrement réellement dus CHF 45’000
Ce que l’on calcule à tort CHF 27’000

Source : LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3 (canton de Genève)

La page complète sur la fiscalité et le notaire

Sources:LCP art. 84 al. 1 et art. 85 · LDE art. 33 al. 1 et art. 35 al. 3Page mise à jour le 2026-09-22

Risque 4

Si l’hypothèque passe à l’acheteur, votre impôt sur la fortune peut augmenter

À Genève, la fortune grevée d’usufruit est imposable chez l’usufruitier (LIPP art. 48). Autrement dit : après la vente, le bien continue de figurer dans votre fortune imposable, alors que vous n’en êtes plus propriétaire.

Si l’hypothèque est reprise par l’acheteur, la dette sort de votre bilan fiscal : vous perdez la déduction correspondante. Le capital reçu, lui, s’ajoute à votre fortune. Les deux effets vont dans le même sens, et votre impôt sur la fortune peut augmenter sensiblement.

Et vous continuez de payer l’impôt immobilier complémentaire, dû par la personne inscrite au registre foncier comme propriétaire ou usufruitier au 31 décembre : 1 ‰, réduit à 0,2 ‰ pour la résidence principale d’une personne physique (LCP art. 76).

Faites chiffrer l’ensemble par votre fiduciaire avant de signer. C’est une dépense de quelques centaines de francs qui peut changer la décision.

Sources:LIPP art. 48 · LCP art. 76Page mise à jour le 2026-09-22

Risque 5

Vos héritiers recevront moins

Disons-le sans euphémisme : le bien sort de votre patrimoine, et il ne leur reviendra pas.

Ce qui le remplace est le capital encaissé, plus faible que la valeur du bien puisqu’on en a retiré la valeur du droit que vous gardez. Si vous dépensez ce capital — ce qui est votre droit le plus strict — il ne restera rien de ce côté-là non plus.

Vos enfants sont héritiers réservataires : leur réserve est de la moitié de leur part successorale depuis 2023 (CC art. 471), et ils peuvent agir en réduction après votre décès, y compris contre des libéralités faites de votre vivant (CC art. 522 al. 1). Les aliénations faites dans l’intention manifeste d’éluder la réserve sont même réductibles sans limite de temps (CC art. 527 ch. 4).

C’est une raison de plus pour que le prix soit correct, documenté et vérifiable — ce qui protège votre famille autant que nous.

En parler en famille : une page faite pour être lue à deux

Sources:CC art. 471, art. 522 al. 1, art. 527 ch. 4 · CC art. 16 et 18, art. 416 al. 1 ch. 4Page mise à jour le 2026-09-22

Risque 6

Les sept signaux d’alerte d’un mauvais montage

Valables pour n’importe quel acheteur, nous compris. Si l’un de ces sept points se produit, arrêtez tout et appelez votre notaire.

  1. On vous propose de signer le jour même, ou « juste un accord de principe pour réserver ». Un acte immobilier ne se signe jamais dans l’urgence.
  2. L’acheteur amène son notaire. Le notaire se choisit par le vendeur, sans discussion.
  3. On vous demande vos coordonnées bancaires, une copie de votre pièce d’identité, un acompte ou des frais de dossier avant l’acte. Rien de tout cela n’a de raison d’exister avant la signature chez le notaire.
  4. On vous pose des questions sur votre santé, vos traitements, vos habitudes, ou votre espérance de vie. Le calcul n’en a pas besoin, et la loi l’interdit.
  5. Le prix n’est pas expliqué. Si l’on ne peut pas vous dire quelle table, quel taux et quel facteur ont été utilisés, c’est qu’il n’y a pas de méthode.
  6. On refuse que vous en parliez à un tiers, ou l’on vous décourage de consulter un notaire indépendant, un fiduciaire ou votre famille.
  7. On ne vous parle ni de l’impôt sur les bénéfices immobiliers, ni des prestations complémentaires, ni du caractère définitif de l’opération. Le silence sur les inconvénients n’est pas de la délicatesse : c’est un manquement à la loi.
Risque 7

Quand le viager n’est pas la bonne solution pour vous

Nous préférons vous le dire maintenant.

  • Si vous avez moins de 68 ans. La part qui vous reviendrait est faible et la décision est définitive. Attendre change beaucoup de choses.
  • Si vous touchez ou pourriez toucher des prestations complémentaires. Voyez le risque 2 : la réponse est souvent non.
  • Si vous envisagez de déménager dans les deux ou trois ans. Une vente ordinaire vous rapportera davantage.
  • Si votre hypothèque est du même ordre que la valeur de la nue-propriété. Le montage n’a plus de sens.
  • Si votre objectif est de transmettre le bien à vos enfants. Il existe d’autres chemins — une vente familiale, une donation, un prêt hypothécaire — et ils ne passent pas par nous. Parlez-en à votre notaire.
  • Si l’idée que le bien sorte de votre succession vous met mal à l’aise. C’est un choix parfaitement légitime, et nous ne chercherons pas à vous en faire changer.
Risque 8

Ce que nous faisons pour limiter ces risques

  • Nous publions la méthode de calcul entière : table, édition, taux, source, facteur, résultat. Vous pouvez la faire refaire.
  • Nous affichons un avertissement sur les prestations complémentaires dès que le calcul passe sous le seuil des 90 %, et nous vous aidons à demander la simulation écrite à votre caisse.
  • Nous proposons systématiquement un inventaire public du bien au jour de l’acte, à frais communs (CC art. 763).
  • Nous demandons que la répartition des charges soit écrite dans l’acte poste par poste, parce que les règles légales sont dispositives (CC art. 765 et 778).
  • Nous recommandons l’usufruit plutôt que le droit d’habitation, alors même que le second nous coûterait moins cher.
  • Notre offre reste valable trente jours, et nous ne faisons jamais signer le jour même.
  • Nous n’avons aucun notaire maison, et nous ne vous demandons jamais de données bancaires avant l’acte.
  • Nous ne posons aucune question sur votre santé.

Nos sept engagements, datés et signés

Base légale :CC art. 763, art. 765, art. 778 ; OPC art. 17b let. a

Risque 9

Faites-vous accompagner : Pro Senectute, votre notaire, votre fiduciaire

Nous ne sommes pas neutres : nous sommes l’acheteur. Faites vérifier ce que nous écrivons par quelqu’un qui n’a rien à y gagner.

Votre notaire — que vous choisissez
Pour l’acte, le registre foncier et les clauses.
Votre fiduciaire
Pour l’impôt sur les bénéfices immobiliers, l’impôt sur la fortune et l’effet du capital reçu.
Votre caisse de compensation cantonale
Pour la simulation écrite des prestations complémentaires.
Pro Senectute
Pour un avis entièrement neutre et gratuit. C’est une association indépendante de nous, et nous vous encourageons à la consulter.

Si l’un d’eux vous déconseille de vendre, écoutez-le plutôt que nous. Nous préférons une personne bien conseillée qui nous dit non à une personne mal conseillée qui nous dit oui.

Des questions sur ce que vous venez de lire ?

Appelez-nous. Nous répondons aussi aux questions qui nous dérangent — c’est plutôt à cela qu’on reconnaît un interlocuteur sérieux. Il n’y a sur cette page ni formulaire, ni bouton d’inscription : elle n’est pas faite pour ça.

Nous appeler

Par écrit, si vous préférez : info@viager-geneve.ch.

+41 22 000 00 00

C’est l’une des personnes de la page « Qui sommes-nous » qui répond, pas un standard.

Du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h00.

Vous préférez écrire ? info@viager-geneve.ch

Sources:CO art. 40a al. 1 et art. 40c let. a · CC art. 16, 18, 416 al. 1 ch. 4, 471, 522 al. 1, 527 ch. 4, 763, 765, 778 · OPC art. 17 al. 3, 17a al. 5, 17b let. a, 17d al. 3 let. b ch. 1, 17e · LPC art. 11 al. 1 let. b et c, art. 11a al. 4 · LCP art. 76, 84 al. 1, 85 ; LDE art. 33 al. 1 et 35 al. 3 ; LIPP art. 48 (canton de Genève)Page mise à jour le 2026-09-22